Les nouvelles du monde ne sont pas très réjouissantes en ce moment… Et la succession de crises questionne non seulement le fonctionnement de l’économie politique… mais elles risquent d’impacter le sens même du marketing. La principale raison est d’abord que le marketing, dans sa structure actuelle comme dans son histoire, fonctionne grâce à la contribution et au rôle social de la classe moyenne. Celle-ci étant en train de se paupériser et de disparaitre, le modèle marketing est à redéfinir.
Se posent la question des arbitrages surtout quand les besoins de services essentiels vont croitre exponentiellement: éducation (déjà le cas pour supérieur), énergie, santé, services sociaux… Au fur et à mesure que l’Etat se désengage de leur gestion, les activités de base devront trouver preneur, dans le marché classique ou en dehors, mais cela risque fort d’impacter le pouvoir d’achat.
Cela va donc amener des questionnements sur:
- l’arbitrage individuel (comment gérer son budget)
- la chasse aux bonnes affaires (principe des plateformes événementielles (Ventes-privées) ou de promotion (Groupon), le check’in (Foursquare) et la promotion géolocalisée)
- la propriété et son usage collectif (principe du Velib’ et d’une mise en commun d’objet autrefois personnel).
- le sens des choix d’usages, de consommation, de pratiques et le développement des « makers » (pourquoi acheter ceci et ne pas investir dans l’autoproduction? voir l’exemple de la bière à la main)
- une redéfinition des circuits de distribution autour de circuits de relation, plus locaux et/ou basés sur une logique de communauté de valeurs, d’expériences, d’attitudes et de projets (exemple des AMAP (pour alimentaire))
- une définition de services de proximité co-construits sur le principe d’une plateforme d’innovation sociale
La contribution des acteurs et leur rôle social vont être aussi de plus en plus questionnés. Résultat de la raréfaction des ressources et des opportunités (emploi, pouvoir d’achat, réponses aux besoins….).Les tensions politiques vont donc s’inscrire en consommation: question de choix collectif, de RSE comme de tensions ethniques ou communautaristes. La vision et le choix des acteurs sera remis au centre de la communication, compte tenu des impasses potentielles.
Le Contrat Social se défaisant, il est nécessaire de passer une multitude de contrats sociaux: développement des hubs d’innovation sociale et recherche de « sécurisation sociale » au fur et à mesure que se volatilise la Sécurité sociale.
Une confirmation long terme que le Marketing devient Societing. La valeur se faisant par la recherche permanente de « valeur cachée », de design de solutions, et de travail collaboratif pour rendre possible ces solutions comme pour les optimiser… (l’offre d’innovation sociale n’est possible qu’avec la confiance et l’ouverture des acteurs, contrairement au marché classique où l’on regarde à distance une offre packagée que l’on acquiert si l’on est intéressé)
Un défi à la hauteur du « collapse »?